La police m'a tué

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Chronique :

Titre :
La police m'a tué

Auteur :
Laurent Cassiau-Haurie;

Parution : 06/04/2018 – Éditions Encre Rouge;

306 Pages.


Voici une belle rencontre faite au Salon du Livre de Mazamet ! Au détour d’une table, Laurent m’a raconté son histoire, et pourquoi lui est venue l’idée d’en faire un livre (et nous pouvons remercier son épouse !). En temps normal, j’aurais fui, corps et âme. Un témoignage suite à une déception, arghhh !!!! Mais d’emblée, Laurent m’a montré que, s’il était en colère, ce bouquin ne servait pas uniquement à épancher cette dernière, mais à nous instruire sur le revers de la médaille.

Explications :

Laurent Cassiau-Haurie est actuellement Commandant de Police au sein de la Police bordelaise. Cet Officier a subi une vague de bêtises, jalousie et amertume de la part d’une hiérarchie aveugle et incompétente au départ de son précédent Directeur, en 2014.

Malgré une carrière riche, variée et exemplaire, cet Officier n’a pu échapper aux tenailles d’une administration représentée par des décideurs indignes, le conduisant à une placardisation en bonne et due forme après de nombreuses tentatives de nuisances en tout genre.

C’est au travers de son cas, mis au rebut à 53 ans, qu’il décrit puis détaille les méandres d’une profession dont il décline l’ensemble des problèmes auxquels est confrontée la Police d’Investigation dans un silence savamment entretenu. Il ne fait pas de corporatisme, ne demande pas d’argent ni de moyens supplémentaires. Il évoque la perte de sens d’un métier aux abois. Plus d’âme, plus de tripes, plus aucune exaltation, l’investigation est robotisée, bureaucratisée pour aboutir à du paraître et du faux semblant. Les freins et blocages sont méticuleusement et techniquement décortiqués, car ponctués d’exemples précis.

Fil conducteur de son propos, il indique que la délinquance moyenne notamment, n’est plus traitée à sa juste valeur, voire abandonnée en raison de difficultés administratives, juridiques et d’une mentalité peu à peu empreinte de découragement néfaste, sous couvert d’une philosophie moderne, mais injuste. L’obligation de réserve est transgressée, mais justement argumentée par M. Cassiau-Haurie qui ne craint pas les retours administratifs, certain d’être dans son bon droit au service d’une cause juste.

Alors, oui, Laurent est en colère, et il nous l’explique dans la première partie du bouquin. Il m’avait prévenue, cette partie-là peut être compliquée pour un non-initié. C’est vrai, et elle est, de fait, peut-être un peu longue. J’ai eu peur de passer ma lecture à ramer entre les sigles, les hiérarchies, et la colère de l’auteur.

Mais, heureusement, vient le moment où Laurent passe sa carrière au crible, pour citer les « incohérences » (terme poli) du système juridique (Police et Justice) français. Et le moins que l’on puisse dire, et ben, c’est qu’il y a de quoi dire !  L’auteur agrémente son récit d’anecdotes rapides, mais attention, hein, drogués de BFM, passez votre chemin ! Il n’est pas là pour jouer aux héros, il est là pour témoigner, de manière précise, prouvée et factuelle. Pas de courses poursuites en Mustang Scénic, pas de prises d’otages de belles blondes de Mme Pinçon, non. La vraie vie, avec ses bonheurs, ses déboires, les relations particulières qui se nouent entre ces hommes, une interrogation légitime sur les réorganisations multiples et le bordel qui en découle.

J’en ai presque du mal à classer ce livre en témoignage, Laurent ayant argumenté ses dires de manière si construite, illustrée, précise, que cela en fait un document, nous permettant de mettre le nez dans un univers totalement obscur, et pourtant indispensable à notre vie de tous les jours. Et nous comprenons beaucoup de choses, et beaucoup de choses en deviennent totalement incompréhensibles !!!

Cela n’en devient pas pour autant un livre politisé — mis à part un léger chapitre lors duquel Laurent prend position -, mais qui nous incite quand même à nous interroger largement sur les décisions — ou l’absence de décisions d’ailleurs — prises en haut lieu.

Ainsi, si vous rentrez dans ce bouquin avec l’impression de plaindre un homme, vous en sortez avec une vision détaillée du fonctionnement interne de la police. Et il est toujours utile de savoir, avant de juger !!!

Chronique réalisée par Kty des Livres


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