Le héros de la RD 311

51gnxvspsxl sx331 bo1 204 203 200

Chronique :

Titre :
Le héros de la RD 311

Auteur :
Jean Ducreux.

Parution : 29/10/2017 – Auto Édition.


220 Pages.


Polar d'amour ? Histoire de terroir ? Roman à clefs ?

En connaissant l'auteur, rencontré à plusieurs reprises aux Mardis de l'autoédition et à la préparation du SAE de Pierre-Bénite, je me lançais dans le roman en lectrice avertie, curieuse et un peu blasée des éloges des autres fans. En effet, lorsque les critiques sont positives- c'est le cas si l'on écoute Michèle Jacquier et son émission littéraire Miroirs sur Radio Pluriel, on devient plus exigeant et on risque la déception. Voilà la source de mes hésitations. En plus, je ne suis pas tellement fan du polar, en général. Mais en l’occurrence...

Ce qui m'a séduit d'abord, c'est l'humour

Dès la première page, on a le sourire : l'auteur manie l'autodérision avec une subtilité charmante. Et jusqu'au bout, il nous donne matière à rire, on s'amuse des situations, des personnages, de bons mots, jusqu'au dernier chapitre, où il nous piège à nos propres habitudes de lecture. Il faut le faire !

Les dialogues sont cultes : page 107, le fou-rire m'empêchait de lire, ce qui est un comble dans un roman policier, vous l'admettrez.

Polar quantique

Rapidement, on comprend qu'on n'est pas là seulement pour s'amuser. Le récit est mené d'une main de maître et parfaitement orchestré. Richesse de la langue, approche de thèmes d'actualité, observation fine de la psychologie humaine servent un scénario sans faille.

L'art de l'ellipse laisse le champ libre à l'imagination. Par exemple, page 61, l'élision de la cuisine est un summum de l'érotisme. Je n'en dis pas plus pour ne pas déflorer le sujet, évidemment...

Des scènes mythiques effleurent les thèmes préférés de la littérature : la filature prend des airs proustiens, quand d'autres rendez-vous plus jazzy rappellent un univers à la Boris Vian. D'ailleurs, je suis sûre que chacun retrouverait les meilleures de ses références personnelles dans cet univers inspiré et inspirant ! Ce serait drôle de pouvoir comparer celles et ceux que chacun reconnaît (et je pourrais évoquer aussi Moïse que j'ai cru distinguer...)

Intelligence du cœur

Pour finir, je le confirme : Le Héros de la RD 311 est bien un polar d'amour. Mais pas d'amourettes. De cet amour inconditionnel qui unit plutôt qu'il ne partage et qui vient nourrir les liens entre auteur et lecteur. Et pour ma part, je suis complètement sous le charme de ce conteur Crooner qui sait si bien conduire son lecteur, avec douceur et fermeté, dans les méandres de l'aventure humaine, multiculturelle, contemporaine, sombre et lumineuse en même temps. C'est un tour de force que de concilier la plus claire lucidité avec la bienveillance la plus chaleureuse. Peut-être une parfaite illustration de ce vers quoi nous attire la nouvelle conscience ?

J'avais une impression similaire à la lecture de Rien ne se perd de Cloé Medhi -l'étoile montante du roman noir, cette sensation que l'obscurité est remplie de la lumière en mouvement.

Que lire ensuite ?

Relire cette histoire, plus lentement peut-être, en sachant la fin et en suivant les petits cailloux blancs que JG-D sème pour nous, me semble une bonne idée. Et ensuite, lire le tome suivant de la série Des Crimes et des Routes parce que Le Fantôme de l'A72 est annoncé pour le printemps et que je suis carrément addicted de l'accent américain de Jean Ducreux ! Je suis curieuse de voir si le prochain tome me semblera aussi proche de ma propre vie que celui-ci. Entre hasard, coïncidences, et [pré]destination, je ne sais que dire...

La cerise sur le gâteau, c'est que Jean Ducreux s'engage pour l'autoédition. Il vous accueille sur son stand lors du Salon de l'autoédition de Pierre-Bénite : ce sera l'occasion de découvrir ses secrets d'écriture.

Résumé :

Un homme taciturne est pris pour le sauveur de celui qu’il vient d’assassiner. Pour tous il devient le Héros de la Route Départementale 311, celui qui a risqué sa vie pour sauver celle d'un chirurgien renommé, dans une carcasse en feu. Une histoire d'amour et de sang, qui se déroule entre les Monts du Lyonnais et la Plaine du Forez.

Chronique réalisée par Céline Bernard


Pour se le procurer :Cliquez ici fds2016
Sa page Facebook :Cliquez ici fds2016

Ajouter un commentaire