Cosmogonies

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Chronique :

Titre :
Cosmogonies

Auteur :
Marilyn Walker.

Parution : 26/10/2016 – Lulu.

402 Pages.


Une histoire interculturelle et potentiellement multilingue…

… et pratique à lire en français ! Le début est tellement banal avec Mélody, une globe-trotteuse surexcitée qui fête un anniversaire sous les palmiers de Bali avec la ferme intention de s’amuser quoiqu’il en coûte, que j’ai failli ne pas dépasser la page 25…

Bon, il y avait bien la question de la recherche de ses parents, mais l’identité n’est pas l’origine, comme l’affirme Wajdi Mouawad dans son spectacle « Tous des Oiseaux », joué au TNP de Villeurbanne (69).

Et pour tout vous avouer, je n’avais pas tellement envie de révélation de secrets familiaux.

Et soudain…

… soudain, avec le peuple araignée, on se retrouve projeté en plein univers, je devrais plutôt écrire en plain univers, de plain-pied avec les étoiles, les planètes, et la création du monde.

La suite du livre est un bonheur : d’abord parce que Maryline réussit le tour de force d’inviter naturellement ses lecteurs dans cet univers infini qui est né de son imagination sans aucun doute, mais qui a aussi des caractéristiques tellement universelles qu’il semble « familier ».

Car c’est bien de famille dont il s’agit dans ce livre : famille de cœur, de sang et d’âme.

Une écriture fractale

Dynamique, simple et enlevée : Marilyne Walker a la plume énergique des voyageurs du temps et de l’espace. Entre réalisme, fantastique et anticipation, elle nous traduit notre propre monde, de son point de vue aussi personnel qu’universel.

Je me suis sentie en plein paradoxe : habituée à voyager dans d’autres imaginaires, j’ai été fascinée par le talent de l’auteur à éveiller le mien. Le défi est relevé grâce à la simplicité du vocabulaire choisi qui fait appel aux grands archétypes, sans jamais se soumettre à l’une ou l’autre des religions. Le roman se connecte aussitôt à la dimension humaine commune à tous.

Enfin, les paragraphes courts, voire très courts, facilitent la lecture. J’ai eu l’impression de chacun correspondait à un pas de plus dans l’histoire. Les espaces, plus fréquents au milieu du roman, laissent le temps d’imager et d’imaginer les espaces temps immenses qui sont proposés. Et j’avais aussi l’impression que chaque pas aurait pu aller dans une autre direction, comme une expression de la liberté de l’auteur et par conséquent du lecteur, de choisir sa direction (ce qui me plait beaucoup, je l’avoue). Sur certains passages, ma lecture était fractale, les paragraphes fonctionnant dans le fil du récit et en même temps pouvant constituer une histoire à eux seuls.

Aventures dans l’univers

Le pluriel du titre qui fait référence aux contes de création du monde induit déjà le mille-feuille des lectures possibles. Et personnellement, je suis très tentée de rattacher la racine grecque « gon » à la notion d’action, de réalisation comme dans « protagonistes ».

Pour moi, du coup, il s’agit d’une aventure spirituelle pleine de rebondissements, qui prend une forme monumentale et titanesque au sens mythologique du terme. J’ai compris combien le démarrage était un tremplin et un miroir de la fin. C’est étonnant.

Habituellement, les romans de l’imaginaire me font réfléchir à mon environnement, à la société, bref à une dimension sociale de la réalité. Ici, le bouleversement intérieur de l’héroïne a créé comme un remous équivalent de mon côté. Le passage de rencontre dans l’au-delà entre l’héroïne et sa mère a changé définitivement ma vision de mes relations à la mienne, grâce à la force de l’image vraie. Toute ma gratitude à cette autrice géniale donc de savoir si bien parler d’amour.

Que lire ensuite ?

Déjà, je le relis pour l’histoire d’amour, dans toutes ses dimensions. Et parce que ce livre me réconcilie avec moi-même. Ensuite, j’aurais aussi envie de légèreté et d’humour. Parce que finalement, cette légèreté de l’humour qui me semblait être une marque d’enfantillages et de superficialité, ne serait-elle pas la meilleure expression possible de notre passage sur terre ?

C’est décidé, je vais voir Maddie D. !

Résumé :

Jeune femme de son temps, Mélodie vit à l’image de sa génération : à toute vitesse et sans limites. Elle rave, elle voyage, elle brille – mais aussi, elle rêve… cauchemar répétitif ou souvenirs réprimés ?

Incapable d’ignorer son bouleversement intérieur plus longtemps, elle part à la recherche de ses origines. Sa quête l’emmène bien plus loin, là où aucun humain n’est encore jamais parvenu...

Évoluant librement dans l’Univers, Jog poursuit implacablement sa tâche : assurer l’expansion de la vie à travers l’Implantation des Mères dans les galaxies prédéfinies par le Bureau Central. L’arrivée d’Alias dans sa vie solitaire fait tout basculer. Ballotté au cœur d’un complot politique qui menace l’expansion de toute vie, à qui ce duo improbable donnera-t-il son allégeance ?

Deux histoires que tout sépare, qui s’imbriquent peu à peu. Trois personnages projetés à toute vitesse sur des trajectoires dont l’aboutissement est… Plus grand que Tout.

Chronique réalisée par Céline Bernard


Pour se le procurer :
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