Alzeihmer, même toi on t'oubliera

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Chronique :

Titre :
Alzeihmer, même toi on t'oubliera

Auteur :
Mélanie Talcott.

Parution : 01/06/2015 – Auto-Édition.


182 Pages.


Ainsi, c’est fait. Alzheimer est nommé. Non pas comme on doit donner un nom a une maladie découverte. Il est Aloïs, il est personnifié. Il est dangereux, à mon sens, d’écrire un livre sur une maladie si dure, si cruelle, sans l’avoir vécue, et en ressentir les immondices qui en découlent, pour le malade et la famille. J’ai vécu l’Alzheimer. Et j’en aurait voulu à Mélanie, comme à tout autre auteur, de l’interpréter, de se l’approprier, sans savoir réellement, intimement.

Ce n’est pas ce qu’elle a fait. Même si elle a connu la maladie en tant que soignante, elle a eu la délicatesse et le respect de mettre suffisamment de distance pour ne pas parler de l’horreur d’Alzheimer, mais de l’appropriation d’Aloïs. Le prénom du chercheur ayant découvert la maladie, car ce livre ne parle que de sa première « phase ». En effet, Norma, ancien médecin, écrit à sa petite fille Léa, juste après avoir été diagnostiquée. Cette dernière ne découvre ces lettres que 15 ans après, et, dès lors, s’ensuit une correspondance par-delà la mort, par-delà la maladie.

Des aveux intimes, puissants, doux. Norma découvre sa toute nouvelle relation avec cet Aloïs, et prend le parti de marcher main dans la main avec lui, d’avancer en douceur vers l’oubli. Elle pense qu’il découle de notre vie actuelle, la fuite en avant, le désir d’oubli. D’autres maladies sont ainsi brillamment décrite et personnifiées, comme le cancer, où la narcissique cellule cancéreuse s’immole sur son propre autel.

Au-delà de la maladie se développe toute une pensée philosophique sur notre société, si vraie qu’elle en est gênante.

Mais même si, grâce à cette correspondance débordante d’amour entre une petite fille et sa grand-mère, l’épreuve est décrite avec infiniment de tendresse, la vision n’est pas naïve. Parfois, entre deux tendres pensées, la maladie fait souffrir, et une brutale cruauté se fait ressentir.

Un ouvrage vrai, donc. Sans « pathos », sans verser dans la sensationnelle souffrance. Tu as gagné Mélanie, j’ai ri, j’ai pleuré, et j’ai même eu de l’affection pour cette saloperie qui a fait hurler les pires années de ma vie.

Et c’est moi qui te remercie, au nom des malades et de leur famille, « hantés par Aloïs ».

Chronique réalisée par Kty des Livres


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